homophobie François Fillon

L’homophobie de François Fillon n’a jamais été fictive, elle

François Fillon est un infatigable opposant aux droits des lesbiennes, des gays, des bis et des trans depuis le début de sa carrière politique dans les années 70. Aujourd’hui, le candidat à la présidentielle est mal en point et il y a cette expression qui dit qu’on ne tire pas sur une ambulance. Tant pis pour l’expression, il est bon de rappeler pourquoi cet homme est dangereux pour nos droits. En tant que parlementaire puis ministre dans différents gouvernements, François Fillon s’est toujours opposé à l’égalité des droits pour les personnes LGBT.

 

Contre la dépénalisation de l’homosexualité

En 1982 la discussion porte sur l’abrogation de lois discriminatoires qui maintiennent les homos dans une demi clandestinité. Et bien Fillon fraîchement élu vote contre. Badinter lance sa formule célèbre: « Il n’est que temps de prendre conscience de tout ce que la France doit aux homosexuels comme à tous ses autres citoyens dans tant de domaines ». Et Fillon semble lui répondre: « Je m’en fous ». Proust, Gide, Cocteau, Colette, Cambaceres, tant d’autres et les citoyen.ne.s anonymes. Pour Fillon ils et elles ne valent rien, n’existent pas. Il aura beau dire trente ans plus tard sur un plateau de télé qu’il a appliqué la consigne du parti, il ajoute: « Je n’ai jamais de regret. Moi, je regarde vers l’avenir ».

 

Contre le pacs

La suite de son attitude à l’égard des homos va aggraver son cas. En 1998-1999, François Fillon et la droite feront bloc derrière Christine Boutin, qui représente alors l’opposition la plus radicale  au pacs dans l’hémicycle. Certains conservateurs comme un de ses mentors Philippe Séguin se sont abstenus lors du vote et Roselyne Bachelot fait un discours passionné pour dire qu’elle votera en faveur du texte. Mais comme 17 ans plus tôt, François Fillon votera contre.

Contre le mariage

En 2012, alors qu’il est Premier ministre, Fillon donne sa vision du mariage. «L’institution du mariage a un objectif, celui de la sécurisation des enfants. C’est un objectif qui ne me paraît pas compatible avec les couples homosexuels». Encore, une fois, Fillon crache aux visages des familles homoparentales. Son expression publique de mépris pour des familles à part entière fera le lit de la frange la plus réac qui descendra dans la rue des mois durant entre 2012 et 2014  pour manifester contre l’égalité. Et lors de la campagne pour la primaire de la droite, Fillon a reçu le soutien de ces homophobes et de leurs officines sans sourciller. Oh, au fait, oui bien sûr: redevenu simple député (mais avec aussi des contrats juteux dans sa société de conseil), Fillon votera contre le mariage pour tous. Mais je pense qu’à ce stade, vous avez compris où il se situe.

 

Contre l’adoption pléinière

Dans son programme présidentiel, il veut supprimer l’adoption plénière pour les couples de même sexe. Mais son programme a sans doute du plomb dans l’aile. Tout au long de sa carrière politique, Fillon s’est toujours présenté comme l’homme de la probité et de la tempérance. Comme lorsqu’il tweete ceci en 2012:

 

Il axera toute sa campagne des primaires là-dessus, pour s’opposer à ses deux principaux rivaux, Juppé, déjà condamné et Sarkozy, menacé par plusieurs affaires. Mais on sait maintenant que pour Fillon, c’était un rôle qu’on pourrait appeler de composition. En effet, notre calculette n’aura bientôt plus assez de zéros pour additionner tous les émoluments perçus par sa famille: sa femme, ses enfants et lui-même.
Ce double langage du Docteur Jekkyl et Mister Hyde de la droite, cela rappelle furieusement ces chantres de l’ordre moral aux États Unis ou ailleurs, violemment homophobes, qui sont ensuite pris la main dans le sac ou devrais-je dire dans la culotte d’un partenaire de même sexe ou s’adonnant sans vergogne à des plaisirs tarifés et intoxiqués.

Pris dans la tourmente des révélations sur les emplois présumés fictifs de sa femme et de ses enfants, Francois Fillon voit donc son avenir comme candidat de la droite et du centre à la présidentielle de plus en plus compromis. Mais comment dire? Nous n’allons pas le regretter tant son homophobie s’est manifestée à chaque étape des évolutions vers plus de respect, de dignité et de droits, pour des millions de citoyen.ne.s.

Et d’ailleurs, qui sait ce que l’on pourrait encore découvrir dans des placards de François Fillon?

  • Juju

    Un vrai pourri ce mec, à touts points de vue! Et ça croit être digne de diriger la France! Et ça va à la messe, le cœur plein de haine et rancœur. Dégueu!

  • Yannick Dutarte

    Et s’il n’y avait que son homophobie qui posait problème, mais c’est bien tout son programme entier qui pose problème!!!! Quand y regarde de plus près, j’ai l’impression d’être revenu au début du 20ème siècle!!!

  • Alexis Rouxel

    Précision : la « dépénalisation » de l’homosexualité en 82 est un mythe. Ce qui était pénalisé jusque là, ce n’est pas l’homosexualité en général mais les relations homosexuelles entre un adulte et un mineur de 18 ans (21 ans jusque en 74) alors que la majorité sexuelle est à 15 ans pour les hétéros. Certes cette loi héritée de Vichy était discriminatoire, mais la France de Giscard ce n’était quand même pas l’Arabie wahhabite ou l’Iran de Khomeiny.