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Shams et des jeunes tunisiens dénoncent l’homophobie dans une vidéo

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La Tunisie fait en ce moment beaucoup parler d’elle dans le domaine des droits humains. Ainsi, la répression contre les homosexuels semble s’aggraver. Il y a quelques jours c’est un cinéaste et son amant qui ont été arrêtés et qui risquent jusqu’à trois ans de prison.

C’est dans ce contexte particulièrement dur que de jeunes tunisiens ont pris la parole, certains à visage découvert, dans un documentaire de l’association Shams. Lorsque le film débute, on entend le slogan de la révolte de 2011, le début du printemps arabe. « Travail, liberté, dignité », comme pour souligner que ces mots, cette revendication, cette promesse devait s’appliquer à tous les citoyen.ne.s du pays.

Beaucoup confient des témoignages directs d’arrestation arbitraire et d’humiliation.  Parmi eux figurent deux des six étudiants de Kairouan condamnés fin 2015 à trois ans de prison et cinq ans d’interdiction de séjour dans cette ville pour «homosexualité». Vivement dénoncé par la communauté internationale, ce jugement avait ensuite été ramené à un mois de prison en appel.

Le test anal, une pratique contestée qui vise à « prouver l’homosexualité des personnes arrêtées, est censée être pratiquée par des médecins, mais plusieurs témoignages font été d’insultes et de propos totalement contraires à l’éthique médicale. Ghazi Mrabet, avocat et activiste, explique que ces tests sont considérés comme des actes de torture par les instances internationales. Si vous refusez le test, cela fait de vous un coupable et l’avocat explique que les personnes arrêtées pour accusation d’homosexualité sont contraintes d’accepter cet acte de torture.

« Le test anal, c’est comme si nous étions des animaux explique l’un d’eux. » Le film utilise aussi des images d’archives. Comme l’extrait d’un appel au meurtre lancé par un imam de Sfax.

L’avocat dénonce aussi l’attitude du chef de l’état tunisien, Beji Caid Essebsi, qui explique qu’il ne touchera jamais à l’article 230. C’est cet article du code pénal qui punit la « sodomie » et le « lesbianisme » de trois ans de prison. Pourtant, explique l’avocat, le président de la République tunisienne voyage partout dans le monde et intervient régulièrement pour dire à quel point il défend les libertés individuelles et les droits humains. L’association Shams, quant à elle, explique que la loi est anticonstitutionnelle.

Les personnes interrogées témoignent aussi de leur parcours de vie brisée par les arrestations, les procès, la prison.

Voir ci-dessous la vidéo: Au pays de la démocratie naissante