Suite à son agression particulièrement violente, le militant gay Zak Ostmane témoigne

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Le week-end dernier, à Marseille, Zak Ostmane, un des membres fondateurs de Shams France, a subi une violente agression et aurait subi un viol par deux individus dans un hôtel de la capitale phocéenne.

Ce matin, nous avons pu le joindre et il raconte le récit d’un jour et demi de cauchemar:

 » Vendredi soir je suis allé au bar le Polikarpov, sur le cours Estienne-d’Orves. Je dansais et puis après être retourné au bar boire ma bière, je me suis senti mal. J’ai ressenti un malaise, je suis en train d’attendre les résultats, c’est peut-être du GHB, la drogue du viol qui peut expliquer mon état à ce moment-là. Un homme s’approche, me parle et me propose d’aller boire une bière chez lui. En chemin, je ne me sentais pas très bien et je me rends compte qu’ils étaient deux. L’hôtel se trouve place de l’Opéra dans le centre de Marseille. Les médias ont donné une fausse information en disant que c’est moi qui les ai fait monter dans ma chambre. J’habite Marseille, je n’ai pas besoin de prendre une chambre d’hôtel. Une fois dans la chambre, l’un d’eux est ressorti et l’autre m’a donné un coup de poing au visage puis m’a sodomisé. Le deuxième homme est revenu, il sniffait de la coke. Puis ils m’ont demandé de l’argent ,ont pris ma carte bleue. J’avais donné un faux code et ils m’ont à nouveau battu en revenant bredouille. Ensuite, toujours à demi conscient, je me souviens que l’un d’eux a déchiré un drap et m’a attaché les chevilles et les poignets. J’ai reçu encore des coups de pied au visage et sur le torse. Puis je me suis fracassé contre le mur c’est là que mon nez a subi un choc violent, il y avait du sang partout.
Je suis tombé sur le sol, j’ai crié de toutes mes forces et l’un des hommes a sorti un couteau de survie, ça m’a été confirmé ensuite par la police qu’il s’agissait d’un couteau de survie, et il m’a dit de me taire, sinon il allait m’égorger. L’un des deux est sorti et de 5 heures à dix heures le samedi matin, il ne s’est rien passé. J’ai essayé de négocier pour partir, mais is ont refusé. Le plus jeune, anglais je pense, et qui s’exprimait dans un français plus compréhensible, semblait avoir peur du premier. Le plus âgé, qui devait être américain, m’a dit à un moment: « Vous les Français on vient vous aider mais vous détestez Trump. En plus, vous écoutez de la musique noire et arabe. »

 

Le dimanche matin soit plus d’un jour et demi après le début de cette macabre succession de violence, de coups et d’agressions sexuelles, Zak va trouver le moyen d’échapper à ses agresseurs.

 

« Je vois par une fenêtre ouverte une voiture de police sur la place de l’Opéra, avec deux policiers et une policière en dehors de la voiture. Pendant 20 secondes, j’ai hésité: si je ne fais rien je vais mourir. J’ai crié de toutes mes forces. »

Les deux hommes le battent, Zak se défend alors que le premier répond à la sonnerie. La police les a arrêté tout de suite mais ce sont deux hommes de forte corpulence.
« Les policiers se sont très bien comportés avec moi, ils m’ont emmené à l’hôpital où je suis resté de 13 heures à 22 heures le dimanche. J’ai vu défiler beaucoup de policiers, j’ai subi beaucoup d’examens et on m’a donné le traitement post exposition pour le VIH. »

Zak affirme qu’une confrontation a eu lieu mercredi 8 mars. Le plus âgé, et le plus violent, ne voulait pas s’y prêter. Il aurait expliqué à la police que c’est Zak qui lui aurait fait des avances, aurait tenté de l’embrasser et que c’est pour cela qu’il s’était défendu. Le plus jeune aurait affirmé pendant cette confrontation qu’il avait peur de son aîné, qu’il avait peur de subir la même chose. »
Zak n’est pas seul et explique que des amis sont venus d’Alger pour l’entourer mais qu’il a peur de sortir.

Hier nous apprenions par une source que ses deux agresseurs présumés avaient été identifiés et seraient écroués à la prison des Baumettes. Il s’agit d’un ancien militaire de la Légion étrangère de 31 ans et un légionnaire, décrit comme un déserteur, de Nîmes.

Sur Facebook, dès le 7 mars, Shams France publiait un communiqué de soutien à Zak Ostmane:

 

 

Zak Ostmane, 35 ans, est né dans l’algérois et est d’origine Kabyle. C’est le premier homosexuel algérien à avoir, dans son pays, publiquement déclaré son orientation sexuelle. Il a obtenu le statut de réfugié en France.

 

Une source policière a confirmé à 20Minutes que la Sûreté départementale a ouvert une enquête et qu’une information judiciaire a été ouverte. Nous avons contacté la préfecture de police de Marseille mais sans réponse en retour pour l’instant.