mouvement homophobe Sens commun

Le mouvement homophobe Sens commun, cible des attaques d’Emmanuel Macron et de… Christian Estrosi

Depuis le début de la campagne pour les primaires de la droite, nous savions que Sens Commun, émanation politique de la « Manif pour tous », roulait pour Fillon. Ce courant au sein des Républicains a été à la manœuvre pour soutenir le candidat de la droite le plus conservateur (avec Frédéric Poisson) en particulier sur les questions LGBT.

Ce week-end, Sens commun s’est retrouvé dans la lumière. En meeting à Marseille, samedi 1er avril, Emmanuel Macron, le candidat d’En Marche! s’en est pris à ces partisans bien réacs de François Fillon. Celui qui fait la course en tête dans les sondages, talonnant et même dépassant Marine Le Pen (FN), a accusé son adversaire des Républicains de se retrancher « dans un camp »: « [Les partisans de François Fillon] ont décidé de tourner le dos à la République pour embrasser Sens commun. Eh bien honte à eux! »
La réplique du mouvement homophobe n’a pas tardé. Sur Twitter, Madeleine de Jessey, cofondatrice et porte parole de Sens commun, a vivement réagi:

 

 

Un allié inattendu

Mais décidément, cette campagne présidentielle ne ressemble à aucune autre. Emmanuel Macron a pu compter ce week-end sur un allié inattendu. Christian Estrosi, le très sarkozyste président de la Région Paca, à qui Macron a rendu une petite visite.  Les deux hommes ont été filmés en train de discuter. Chacun d’expliquer que des liens de respect mutuel et même d’amitié existaient entre eux.

Et s’ils sont au moins d’accord sur une chose, c’est dans leur critique de Sens commun. Très droitier sur les questions régaliennes et sur l’immigration, Christian Estrosi, lorsqu’il était maire de Nice, n’a pas hésité à apporter un soutien financier aux associations LGBT.

Depuis plusieurs semaines, et en particulier depuis le début des affaires d’emplois fictifs présumés du candidat de la droite, il a pris ses distances avec François Fillon. Il a même publiquement fait part de ses critiques à l’égard de Sens commun et de la tournure que ce mouvement fait prendre à la campagne. « Cela m’inquiète, a-t-il déclaré et j’ai eu l’occasion de le dire à François Fillon. Il ne peut pas confier l’organisation de la campagne à la frange la plus radicale de notre famille politique s’il veut rassembler plus d’un Français sur deux. »

Mi mars, on apprenait que Patrick Buisson, ex directeur du journal d’extrême droite Minute et conseiller de Nicolas Sarkozy en 2007 et en 2012, avait rencontré Sens commun. Logique. Mais cette proximité idéologique avec l’extrême droite effraie les tenants d’une droite plus modérée et tolérante. A l’image d’Alain Juppé, cible favorite de Sens commun puisqu’il avait affirmé durant la primaire qu’il ne reviendrait pas sur le mariage et l’adoption pour les couples homosexuels.
Aujourd’hui, pour François Fillon, ce soutien pourrait aussi devenir un boulet.