Tchétchénie arrestations tortures

Tchétchénie: les témoignages accablants sur les arrestations et les tortures d’homosexuels se multiplient

Un rassemblement de soutien est organisé ce soir à Nice place Garibaldi à 18h30. Près de trois semaines après les révélations sur les exactions des autorités tchétchènes qui pratiquent une véritable chasse aux homosexuels, des témoignages nouveaux ont été diffusés par France 2 ce week-end. Pour les obtenir, Dominique Derda, le correspondant à Moscou de la chaîne publique a du prendre d’infinies précautions pour ne pas mettre en danger les victimes.
Il a pu parler à deux hommes qui s’expriment anonymement. Un homme arrêté et victime de torture raconte: « Ils m’ont arrêté chez moi, je ne m’y attendais absolument pas. Je menais une vie tout ce qu’il y a de plus ordinaire. Ils ont commencé à me battre avec les poings, les pieds, les chocs électriques. Ils m’ont insulté, ils disaient que les gens comme moi ne devraient pas avoir le droit de vivre et qu’il fallait tous nous tuer. »
Un autre, qui a du aussi fuir la Tchétchénie, confie : « Si les membres de ma famille apprenaient que j’étais homosexuel, ils me tueraient sans la moindre hésitation. Parce que c’est une honte pour nous les Tchétchènes. Une honte qui ne peut être lavée que dans le sang. »
En tout, depuis l’automne ce serait 200 homosexuels qui auraient été raflés en Tchétchénie, selon les informations du média russe indépendant Novaya Gazeta. C’est ce média qui le premier a révélé la répression homophobe en cours dans la république du Nord Caucase, dirigée d’une main de fer par Ramzan Kadyrov (photo) et qui fait partie intégrante de la Fédération de Russie.
Les ambassades occidentales continuent de condamner ces violences mais aucune mesure concrète n’a encore été décidée par la communauté internationale. L’ambassadrice américaine à l’ONU, Nikki Haley, s’est dit « troublée », lundi 17 avril, par les violences qui auraient lieu contre des gays en Tchétchénie. Des élus américains n’ont pas hésité à pointer la responsabilité de Vladimir Poutine. Selon deux sénateurs, un démocrate et un républicain, le président russe laisse faire le dirigeant tchétchène Ramzan Kadyrov.

Cité par l’AFP, le sénateur démocrate Ben Cardin, a déclaré: « Le comportement dur et inhumain du président tchétchène Ramzan Kadyrov est bien connu, il a créé un climat de terreur pour les individus LGBT. Mais dans la Fédération de Russie, c’est Vladimir Poutine le responsable, qui doit immédiatement dire que toute violence en raison de l’orientation sexuelle ou de l’identité sexuelle est inacceptable ».

Citant les informations du journal d’opposition russe Novaya Gazeta, le sénateur démocrate Ben Cardin, membre de la commission des Affaires étrangères, s’est dit « très inquiet de la menace croissante dont font l’objet les personnes LGBT dans la République de Tchétchénie de la Fédération de Russie, en raison d’informations sur la détention et la torture de centaines de personnes LGBT, principalement des hommes gays, et sur trois individus tués par les forces de sécurité tchétchènes ».
« Le comportement dur et inhumain du président tchétchène Ramzan Kadyrov est bien connu, il a créé un climat de terreur pour les individus LGBT », poursuit le démocrate. « Mais dans la Fédération de Russie, c’est Vladimir Poutine le responsable, qui doit immédiatement dire que toute violence en raison de l’orientation sexuelle ou de l’identité sexuelle est inacceptable ».
A droite, sur Twitter, le sénateur républicain Thom Tillis, membre de la commission de la Défense, a lui aussi dénoncé Poutine et Kadyrov.

« Les responsables tchétchènes kidnappent et torturent des hommes gays. Je condamne cette violation des droits de l’homme. » 1/2
« Ramzan Kadyrov est loyal envers Poutine, pas étonnant que ce dernier nie que ces violations honteuses des droits humains aient lieu. » 2/2

 

Durant son meeting à Paris, lundi 17 avril, Emmanuel Macron, candidat d’En Marche! à l’élection présidentielle,  a lui aussi évoqué la situation des gays en Tchétchénie. « Mais ne devons-nous pas nous indigner quand les droits sont bafoués? Devons-nous accepter que des camps pour homosexuels soient réouverts en Tchétchénie?  »

Jeudi 20 avril à Paris, de très nombreuses associations LGBT et des droits humains appellent à un nouveau rassemblement Place de la République, à 19 heures. Mais un autre rassemblement, appelé cette fois par Act Up-Paris, se tiendra place de l’Hôtel de Ville.

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